Nullité de mariage : un chemin de vérité, de paix et de guérison

Introduction – Quand un couple arrive au bord du silence

Il arrive un moment, pour certains couples, où la vie commune s’effiloche tellement que même les mots n’arrivent plus à tisser un lien. La promesse d’un amour confié à Dieu semble trop lourde à porter. Les séparations, les blessures accumulées, les incompréhensions profondes… tout cela laisse une trace.

Et lorsque le mariage religieux a été célébré, un sentiment encore plus difficile peut surgir : « Qu’est-ce que l’Église dit de notre situation ? Mon mariage a-t-il vraiment existé aux yeux de Dieu ? Suis-je condamné à ne jamais pouvoir reconstruire ? »

Ces questions, très humaines, traversent de nombreux couples des Yvelines. Elles ne sont ni honteuses ni suspectes. Elles sont le signe d’une conscience qui cherche la vérité, la paix et la stabilité intérieure.

La procédure de nullité de mariage n’est pas une sanction, encore moins une facilité. C’est un chemin pour faire la lumière, avec douceur, sur les conditions dans lesquelles un mariage religieux a été célébré — et pour déterminer, avec prudence, s’il a réellement existé comme sacrement.

Cet article vous propose un éclairage simple, humain, pastoral et psychologique, afin d’apaiser, d’orienter et d’accompagner.

1. Mieux comprendre ce qu’est (et n’est pas) la nullité de mariage

Ce qu’est réellement la nullité de mariage

La nullité de mariage n’est pas une rupture du mariage sacramentel.
L’Église affirme qu’un mariage sacramentel valide, conclu librement et consciemment entre deux baptisés, ne peut pas être dissous.

La nullité n’est donc pas une annulation au sens civil, mais un discernement :
→ L’Église cherche à savoir si le mariage sacramentel avait réellement existé au moment où il a été célébré.

Autrement dit :

  • Si quelque chose d’essentiel manquait au départ (liberté intérieure, maturité, compréhension du mariage, intention de fidélité…),
  • alors le sacrement n’a pas été formé.

La nullité ne regarde donc pas « ce qu’est devenu le couple », mais comment il a commencé.

Ce que la nullité N’EST PAS

Beaucoup d’idées fausses circulent. Voici un chapitre entier pour clarifier, comme demandé :

Idée fausse n°1 : “La nullité est un divorce catholique.”

Faux.
Le divorce s’intéresse à la rupture.
La nullité s’intéresse à l’origine.
Elle n’annule pas l’histoire vécue, ni la réalité psychologique du couple, ni les enfants.

Idée fausse n°2 : “Il suffit de payer ou d’être pratiquant.”

Absolument pas : une « partie » (un des deux époux) non chrétienne peut demander le jugement.
Le jugement est rendu par un tribunal ecclésiastique, composé de juges formés en théologie, droit canonique et accompagnement humain.
Il repose sur des faits, des preuves et des entretiens et le droit de l’église (le droit canonique).

Idée fausse n°3 : “Demander la nullité, c’est accuser l’autre.”

Pas du tout.

Ce qui est jugé c’est la validité du mariage, au moment où il a été prononcé, pas les parties

De nombreuses nullités sont prononcées pour des raisons psychologiques, familiales, ou liées à l’immaturité mutuelle au moment du mariage.

Idée fausse n°4 : “Cela remettrait en cause les enfants.”

Jamais.
L’Église affirme clairement que les enfants issus d’un mariage déclaré nul sont pleinement légitimes.

Idée fausse n°5 : “La procédure est humiliante.”

Elle est exigeante, oui, mais profondément respectueuse.
Elle vise à écouter, comprendre et discerner, non à juger moralement.

2. Le fonctionnement concret du tribunal ecclésiastique (simple et clair)

Qui intervient ?

Un tribunal ecclésiastique diocésain ou interdiocésain composé :

  • un tribunal de 3 juges et du matrimonial,
  • avocat procureur,
  • d’un défenseur du lien (chargé de protéger ce qui pourrait prouver la validité du mariage),
  • d’un notaire (qui authentifie les actes),
  • parfois d’experts (psychologues, conseillers), si nécessaire.

Comment cela se déroule ?

 

Le procès se déroule à huis clos

1. La demande (dénommée le libelle)

Elle peut être faite par l’un des époux ou les deux.
Un avocat ecclésiastique  aide à discerner et à formuler le libelle (la demande).

2. Les 4 piliers du mariage chrétien

Le mariage chrétien repose sur 4 piliers :

  1. La liberté,
  2. L’indissolubilité,
  3. L’ouverture à la vie,
  4. La fidélité

2. L’enquête humaine et psychologique

Le tribunal cherche à comprendre la situation au moment du mariage :

  • liberté intérieure,
  • maturité affective,
  • pression familiale,
  • compréhension du sacrement,
  • capacité d’engagement,
  • contexte psychique ou émotionnel.

Des entretiens sont menés avec chaque partie.
Des parties devront identifier des proches (amis, famille…) qui auront le rôle de témoin lors de l’instruction , mais sans pression..

3. L’examen des causes possibles

Il existe plusieurs causes possibles de nullité, parmi lesquelles :

  • absence de consentement réel,
  • immaturité grave,
  • dépendances masquées au moment du mariage,
  • incapacité profonde à assumer les responsabilités conjugales,
  • exclusion de l’un des 4 piliers du mariage,
  • pression psychologique majeure.

4. Le jugement

Les juges rendent un verdict en conscience.

Les avocats des deux parties plaident.

Le défenseur du lien donne son avis.
Si la nullité est reconnue, le mariage est considéré comme non valide dès l’origine.

5. Après la décision

Les personnes sont libres, mais accompagnées vers un discernement prudent si elles envisagent un nouveau mariage religieux.

3. Les priorités des couples en crise : ce que cherchent profondément les personnes

Pour un couple catholique ou une personne séparée, les priorités sont souvent les mêmes :

  1. Comprendre ce que l’Église dit réellement.
  2. Retrouver la paix intérieure malgré la rupture.
  3. Identifier un chemin possible pour l’avenir.
  4. Ne pas être jugé, mais accueilli.
  5. Protéger les enfants et leur transmettre un message juste.
  6. Discerner sa propre responsabilité sans écraser l’autre.
  7. Savoir s’il est possible de se remarier à l’Église un jour.

Cet article répond précisément à ces questions.

4. Quand demander une procédure de nullité ?

En France la demande de nullité ne peut être effectuée par tradition que lorsque le divorce civil est prononcé. Bien que cela ne soit pas dans le droit, c’est la pratique liée à notre histoire, en France, qui prévaut.

On peut envisager ce chemin lorsque :

  • Le mariage a été célébré dans un climat de contrainte ou de peur.
  • L’un des deux souffrait d’une immaturité affective importante.
  • Il existait une dépendance dissimulée (alcool, addictions, troubles psychiques non pris en charge).
  • L’un des deux n’avait pas réellement l’intention de fidélité ou d’indissolubilité.
  • Une pression familiale ou sociale importante a vicié le consentement.
  • L’engagement s’est révélé objectivement impossible à assumer pour des raisons psychologiques.

Ce n’est pas une liste fermée.
Le discernement se fait toujours au cas par cas, et avec un avocat ecclésiastique, avec prudence et délicatesse.

5. L’éclairage de la foi : un Dieu qui ne condamne pas, mais qui relève

L’Église le rappelle souvent :
Le sacrement du mariage ne vise pas à enfermer, mais à protéger l’amour.

Lorsqu’une vie conjugale s’effondre, Dieu n’abandonne pas l’un des siens.
Le Christ lui-même a rencontré des personnes blessées, séparées, perdues.
Il a offert une parole de vérité qui ne condamne jamais, mais libère.

L’enseignement de l’Église souligne que toute démarche de nullité doit être un chemin de guérison intérieure, un retour vers la lumière, et jamais une procédure administrative froide.

La vérité, quand elle est dite avec douceur, apaise.
Et l’Église accompagne, pas à pas.

6. FamilyPhone : une écoute qui ne juge pas, un soutien gratuit, anonyme et profondément humain

Dans les Yvelines, FamilyPhone est là pour les couples, les parents, les personnes séparées, croyantes ou non.

Nos écoutants sont formés à :

  • l’écoute empathique,
  • la compréhension des crises conjugales,
  • l’accueil des situations complexes,
  • la discrétion absolue,
  • le discernement pastoral,
  • la psychologie relationnelle.

Ils offrent deux services complémentaires :

1. Une écoute gratuite, anonyme, bienveillante

Pour déposer ce qui pèse :

  • honte,
  • colère,
  • culpabilité,
  • peur de l’avenir,
  • questions sur l’Église.

2. Une mise en relation avec des compétences sélectionnées

Si vous le souhaitez, et seulement si vous le demandez, FamilyPhone vous met en relation avec :

  • des avocats ecclésiastiques,
  • des conseillers conjugaux,
  • des spécialistes du droit canonique,
  • des personnes formées à la nullité de mariage,
  • des psychologues familiaux,
  • des prêtres ou accompagnateurs spirituels,
    selon votre besoin.

Le tout dans un esprit chrétien :
accueillir, éclairer, et marcher humblement avec vous.

Conclusion

La nullité de mariage est un chemin de vérité, pas un jugement moral.
Un chemin de guérison, pas de culpabilisation.
Un chemin de lumière, pas un reniement de l’histoire.

L’Église croit profondément que chaque personne est appelée à la paix intérieure et à la vérité.

Et FamilyPhone est là pour vous accompagner, gratuitement, anonymement, avec douceur et bienveillance.

Cet article a été rédigé grâce à l’aimable participation de Roselyne LABORIE – Avocate ecclésiastique